| Francia nyelv és irodalom | |
| Horváth-Militicsi Attila honoldala | |
| A középkor és 16. század francia irodalma |
| Elmélet | Szövegek | Életrajzok | Bibliográfia | Linkek | Galéria |
| 001 | Histoire du Moyen Age | |
| L'époque mérovingienne | ||
| Au Ve siècle, des tribus germaniques - Francs, Ostrogoths, Wisigoths et Vandales - franchissent les limites de l'empire romain et envahissent la Gaule. | ||
| Les Francs se fixent entre la Belgique actuelle et l'Ile-de-France et fondent un royaume : ils donneront leur nom à la France. | ||
| Parmi les rois de la dynastie mérovingienne, le plus célèbre est Clovis. | ||
| Il déplace sa capitale de Tournai à Paris, se convertit au christianisme et se fait baptiser à Reims en 496. | ||
| Il accroît sa puissance par des conquêtes, au point qu'à sa mort (511) son royaume avait à peu près l'étendue de la France d'aujourd'hui | ||
| (il faudrait toutefois y ajouter la Belgique actuelle, une partie des pays rhénans, et en ôter la Provence). | ||
| Dans cette période de troubles et de guerres, l'Église, fortement hiérarchisée, représente le seul élément de stabilité et d'unité. | ||
| Les évêques se font les chefs et les défenseurs de leur diocèse. | ||
| Ils s'efforcent aussi d'adoucir la brutalité des moeurs; ils créent par exemple le droit d'asile : les coupables qui trouvaient refuge dans les églises étaient placés | ||
| sous la protection divine et échappaient à un châtiment immédiat et expéditif : torture, mutilation ou mort. | ||
| Ils instaurent les fêtes religieuses chômées : Pâques, Pentecôte, Noël, les Rogations. | ||
| Dès le VIe siècle, ils fondent les paroisses rurales, qui deviendront les "communes" françaises. | ||
| Ainsi leur influence pénètre profondément dans les campagnes. | ||
| Le rôle des monastères, à la même époque, est également capital. | ||
| Les couvents de Ligugé, Marmoutier, Saint-Honorat étaient déjà célèbres, quand s'aggrandit | ||
| l'abbaye royale de Saint-Denis, quand se créent les monastères de Saint-Benoît-sur-Loire, Saint-Wandrille, Jumièges, pour ne citer que les | ||
| plus célèbres, car les fondations sont tellement nombreuses qu'on a pu parler d'une "invasion monastique". | ||
| Selon les prescriptions de saint Benoît (480-547), fondateur de l'ordre des bénédictins, ces moines partagent leur temps entre les exercices religieux | ||
| et le travail manuel. | ||
| Les moines bénédictins de cette époque nous sont toujours représentés avec une serpe : ce sont eux, en effet, qui commencent les grands travaux | ||
| de défrichement, assèchent les marais, rendent aptes à la culture des terres stériles. | ||
| Ils étudient aussi et copient des manuscrits. | ||
| Ils sont à la fois les pionniers d'une économie nouvelle et les gardiens de la culture. | ||
| Grâce à eux encore, se poursuit l'évangélisation des régions peu accessibles. | ||
| Ainsi l'influence de l'Église est immense, dans tous les domaines. | ||
| La foi chrétienne, qui dominera tout le Moyen Age, pénètre alors profondément le royaume franc. | ||
| Après la mort de Clovis la puissance des rois mérovingiens diminue. | ||
| Si le règne de Dagobert (621-639) fut encore heureux et fort, il est suivi d'une période terne où les rois dits " fainéants" abandonnent leur pouvoir | ||
| aux Maires du Palais. | ||
| Les principaux furent Ébroïn, Pépin de Landen, Pépin de Herstal et Charles Martel dont le fils Pépin le Bref déposa le dernier | ||
| mérovingien Childéric III en 751 et fonda la dynastie carolingienne. | ||
| Charles Martel sut toutefois rétablir une unité compromise par les invasions et réussit à arrêter à Poitiers (732) les armées arabes | ||
| qui menaçaient le monde occidental. | ||
| Désormais les pillages de ceux qu'on nommait les "Sarrasins" seront localisés en Provence, où ils resteront jusqu'au Xe siècle la terreur des populations. | ||
| Le nom de Charles sera gardé par les descendants de Charles Martel : une nouvelle dynastie était fondée, la dynastie carolingienne. | ||
| La dynastie carolingienne | ||
| Le plus illustre des souverains carolingiens est Charlemagne (762-814), né à Jupille près de Liège, qui fut couronné empereur par le pape, à Rome, | ||
| le jour de Noël de l'an 800. | ||
| Grand conquérant, il doubla presque le le royaume qu'il avait reçu de son père Pépin le Bref. | ||
| Il vainquit les Lombards, s'empara du pays de Saxe et repoussa les Sarrasins, en Espagne au-delà de l'Èbre. | ||
| Les Chansons de geste l'ont transfiguré : Charlemagne "a deux cents ans", sa barbe est "blanche comme fleur en avril"; ailleurs il apparaît | ||
| "tout de fer, coiffé d'un casque de fer, ganté de fer; il avait couvert sa poitrine de fer et ses larges épaules d'une cuirasse de fer". | ||
| Il fut, dans la réalité, un chef de guerre prévoyant et rigoureux. | ||
| Excellent administrateur, Charlemagne garda l'organisation ancienne, les officiers du palais et la division de pays en comtés. | ||
| Mais il créa un lien entre le pouvoir central et l'autorité locale : les "Missi dominici" (au sens littéral - "envoyés du maître"), sortes d'inspecteurs choisis | ||
| par l'empereur, qui veillaient à l'exécution de ses ordres à travers les 300 comtés de l'Empire. | ||
| Toujours entouré de trois sages conseillers, il tenait une fois par an une assemblée où étaient conviés nobles et évêques; il s'informait, sollicitait des avis, | ||
| puis prenait ses décisions. | ||
| Lues à haute voix et publiées, elles formaient un ensemble de prescriptions, appelées "Capitulaires" - aujourd'hui précieux document qui montre | ||
| toutes les questions auxquelles s'étendait la sollicitude de l'empereur. | ||
| Soucieux d'équité, il redoutait l'arbitraire et la brutalité des Comtes; s'inquiétait de l'état des églises et donnait des conseils pour l'administration de ses domaines. | ||
| Sous l'impulsion personnelle de Charlemagne, se manifeste une renaissance intellectuelle. | ||
| "Nous vous exhortons non seulement à ne pas négliger l'étude des lettres, mais à vous y appliquer afin de mieux pouvoir pénétrer le sens | ||
| des livres saints. Soyez dévots au-dedans, et savants au-dehors" écrit l'empereur à un abbé. | ||
| Il incite les prêtres à ouvrir des écoles. | ||
| Dans le palais impérial même, jeunes nobles, clercs et fils de pauvres gens reçoivent ensemble une instruction à la fois politique, intellectuelle et religieuse, | ||
| sous la direction de lettrés que Charlemagne avait groupés autour de lui. | ||
| Le plus célèbre de ces maîtres est Alcuin, précepteur de Pépin, second fils de Charlemagne. | ||
| Il a laissé un étonnant dialogue où les questions traduisent l'interrogation devant le mystère de l'homme et du monde, où les réponses, particulièrement | ||
| denses et d'une rare poésie, sont autant de sujets de méditation proposés à l'élève. | ||
| Après la mort de Charlemagne en 814, l'empire perd sa puissance. | ||
| Il est partagé en 843 par le traité de Verdun entre Charles le Chauve, Louis le Germanique et Lothaire. | ||
| Les pirates normands et sarrasins profitent de cet affaiblissement pour piller le sud de la France, les autres les vallées de la Meuse, de l'Escaut, de la Loire et | ||
| de la Seine - remontant jusqu'à Jumièges, Paris et Saint-Denis. | ||
| En 911, le roi Charles le Simple, pour stabiliser les envahisseurs normands, cède au Viking Rollon la partie de ses terres située à l'embouchure de la Seine : | ||
| cette terre de Normands est l'actuelle Normandie. | ||
| La dynastie carolingienne s'éteint en 987. | ||
| La dynastie capétienne, fondée par Hugues Capet, la remplace. | ||
| La fin du siècle fut-elle effectivement dominée par ce qu'on a appelé les "terreurs de l'An Mil", par la peur que le monde vînt à disparaître avec le premier millénaire ? | ||
| Les derniers travaux des historiens s'efforcent de discréditer cette légende, créée, disent-ils, au XVIe siècle et magnifiquement exploitée par Michelet. | ||
| Ils insistent, au contraire, sur l'étonnant dynamisme de cette époque. | ||
| L'époque féodale (XIe-XIIe siècle) | ||
| I. | La société féodale | |
| Pendant le Haut Moyen Age (kései Középkor), les villes, devenues trop souvent la proie des invasions, se sont dépeuplées. | ||
| La vie s'est concentrée dans les campagnes, et une nouvelle société s'est formée, composée du clergé, des chevaliers et des paysans. | ||
| 1. | Le clergé | |
| "Les clercs doivent pour tous prier", dit Étienne de Fougères dans son Livre des Manières. | ||
| Si la fonction liturgique est le premier devoir du clergé, son rôle ne s'arrête pas là. | ||
| Le clergé possède des tribunaux particuliers où la justice est souvent rendue de façon moins arbitraire. | ||
| C'est lui aussi qui dispense le savoir, et qui instruit, dans les écoles épiscopales et monastiques. | ||
| Les biens considérables que possède alors l'Église lui permettent d'ouvrir des asiles et des hôpitaux, de soulager les pauvres et les malades. | ||
| Poursuivant son effort d'humanisation des moeurs, le clergé s'efforce de maintenir la paix, ou au moins de réduire la guerre : les évêques et les abbés | ||
| réunissaient les chevaliers en assemblées, pour leur faire adopter la "Paix de Dieu", qui interdisait de s'attaquer aux clercs, aux paysans et aux marchands. | ||
| Plus tard, et pour limiter encore les effets d'une violence arbitraire, ils imposent la "Trêve de Dieu", qui, en mémoire de la passion du Christ, interdit | ||
| le combat du mercredi soir au dimanche soir. | ||
| 2. | La chevalerie | |
| C'est l'Église qui institua la chevalerie. | ||
| Après une nuit passée en prières, le jeune écuyer recevait ses armes solenellement. | ||
| En conférant à cette cérémonie de l'adoubement un caractère religieux, elle rappelait au chevalier ses devoirs moraux : | ||
| combattre seulement pour le droit et la justice, défendre les faibles. | ||
| A la brutalité, elle substituait l'honneur et la droiture. | ||
| Les chevaliers sont des combattants pourvus d'un cheval et d'un armement complet. | ||
| Le chevalier est souvent au service d'un suzerain dont il devient le vassal. | ||
| Une cérémonie, dont les gestes sont significatifs, consacre cet attachement. | ||
| Le vassal rend hommage à son suzerain : | ||
| à genoux devant lui, il met ses mains dans les siennes (attitude pleine de confiance et d'abandon), et se reconnaît son "homme". | ||
| Le suzerain l'embrasse. | ||
| Le chevalier lui jure ensuite fidélité, la main sur l'Évangile, et lui promet aide et conseil. | ||
| En retour, le suzerain accorde à son vassal un fief et sa protection. | ||
| Les deux hommes se trouvent ainsi liés par un engagement personnel et réciproque. | ||
| Qui manque à son serment est félon, et commet la pire faute qui soit. | ||
| Le tel suzerain peut être lui-même vassal d'un suzerain plus puissant. | ||
| Cette hiérarchie féodale, fondée sur la fidélité, subsistera jusqu'à la fin du XVe siècle. | ||
| Quant au fief, signe matériel du contrat féodal, il consiste souvent en un domaine sur lequel le vassal exerce des droits seigneuriaux. | ||
| 3. | Les paysans | |
| C'est aux paysans qu'il incombe de travailler la terre. | ||
| On distingue les paysans libres, roturiers ou vilains (ces mots n'avaient pas alors le sens péjoratif qu'ils ont pris par la suite), et les serfs, | ||
| attachés à un territoire qu'ils n'ont pas le droit de quitter, mais qu'on ne peut leur enlever. | ||
| Tous dépendent de leur seigneur, qui est en même temps leur juge. | ||
| Ils lui doivent redevances et corvées, dont l'importance varie selon les endroits. | ||
| Au XIIIe siècle, les serfs seront progressivement affranchis. | ||
| Les paysans, souvent très pauvres, verront peu à peu leurs conditions de vie s'améliorer à partir du XIe siècle. | ||
| Avec la fin des invasions, le commerce reprend et les villes renaissent. | ||
| Alors, en marge de cette société féodale où les fonctions étaient si nettement réparties (le clergé prie, le chevalier combat, le paysan cultive le sol), | ||
| apparaît la bourgeoisie - étymologiquement : habitants des bourgs. | ||
| Les souverains protégeront d'abord le développement des cités; plus tard, ils s'appuieront sur cette nouvelle force pour détruire la puissance des seigneurs | ||
| et imposer leur pouvoir personnel. | ||
| Ils y seront aidés par deux circonstances : l'essor du grand commerce et le mouvement des Croisades. | ||
| II. | Les Croisades | |
| 1. | Une guerre sainte | |
| Un événement capital secoua le Moyen Age français : les Croisades. | ||
| On désigne par là les expéditions militaires entreprises, du XIe au XIIIe siècle, pour élargir le domaine de la Chrétienté. | ||
| La conquête des Lieux Saints tombés aux mains des Musulmans en constitue le principal épisode. | ||
| C'est le pape Urbain II qui fut l'instigateur du premier départ. | ||
| Ému des persécutions que subissaient les pèlerins qui se rendaient à Jérusalem sur le tombeau du Christ, il fit appel aux chrétiens en 1095. | ||
| La première croisade suscita un tel enthousiasme que de véritables foules (plus de 600 000 hommes) se mirent en marche, sous le commandement | ||
| du moine françaisPierre l'Ermite et du chevalier allemand Gauthier Sans Avoir. | ||
| Les croisés mal organisés, indisciplinés, ignorants des dangers de la route, furent dispersés et massacrés sans avoir pu arriver en Terre Sainte. | ||
| Deux ans plus tard, une expédition mieux organisée, et comprenant surtout des chevaliers, prit le chemin de Jérusalem sous la direction de Godefroy de Bouillon. | ||
| Les croisés s'emparèrent de la ville en juillet 1099. | ||
| Les rois de France eux-mêmes participèrent aux Croisades. | ||
| Louis VII prit la tête de la deuxième expédition, prêchée à Vézelay par saint Bermard en 1146. | ||
| Après la reprise de Jérusalem par le sultan Saladin, Philippe Auguste partira pour la troisième croisade (1187-1192). | ||
| La quatrième croisade (1198-1204) fut déviée de son but. | ||
| L'allégresse (selon le chroniqueur Robert de Clari) avait été grande, au moment du départ. | ||
| Mais à la suite d'intrigues compliquées, les croisés se trouvèrent changés en conquérants de terres chrétiennes et s'emparèrent de Constantinople. | ||
| La ville fut pillée et chacun reçut sa part du butin. | ||
| 2. | Saint Louis et les dernières croisades | |
| La quatrième croisade fit grand scandale, et ces expéditions où tant de chevaliers français avaient trouvé la mort devinrent impopulaires. | ||
| Il fallut la piété de Louis IX, futur saint Louis - artisan de la septième et de la huitième croisade - pour que se ranimât l'ardeur de la guerre sainte. | ||
| L'armée modifie son itinéraire et passe par l'Afrique; elle enlève Damiette, à l'embouchure du Nil, mais doit battre en retraite, décimée par l'épidémie. | ||
| Cernés par les Sarrasins, les chevaliers se battent avec une rare bravoure, mais finalement le roi et une partie importante des croisés sont faits prisonniers. | ||
| Ils ne recouvreront leur liberté que moyennant un forte rançon. | ||
| Enfin la huitième croisade (1270) fut un échec total. | ||
| Louis IX mourut de la peste, sous les murs de Tunis, où il avait débarqué avec l'espoir d'entraîner le Sultan dans sa lutte contre l'Égypte. | ||
| 3. | Conséquences des Croisades | |
| Les croisades n'ont pas abouti au résultat escompté par la papauté, mais elles ont eu pour la France des conséquences extrêmement importantes. | ||
| Des principautés chrétiennes avaient été créées en Palestine et en Syrie, pour protéger Jérusalem des attaques fortuites. | ||
| Certains croisés, leur voeu accompli, se fixèrent dans ces nouveaux États. | ||
| (selon un chroniqueur de ce temps-là, "L'homme de Reims ou de Chartres, s'est transformé en Tyrien ou en citoyen d'Antioche.") | ||
| Ils se firent bâtisseurs (Crac des Chevaliers, Chastel Blanc) et législateurs. | ||
| Leur influence fut profonde, et le prestige de la France dans le Levant demeura grand pendant des siècles. | ||
| Par ailleurs le raffinement et la richesse de la civilisation orientale ne laissèrent pas indifférents les chevaliers : | ||
| on se rappelle l'émerveillement de Robert de Clari devant les splendeurs de Constantinople. | ||
| Rentrés chez eux, ils restèrent fascinés par les objets précieux, les étoffes de soie, la saveur des épices, les fruits et les légumes jusqu'alors inconnus. | ||
| Sous l'influence du commerce, animé d'une impulsion nouvelle, les goûts changèrent; un autre mode de vie, moins fruste, se développa. | ||
| Arts et sciences - médecine, diplomatie, architecture - subirent l'influence de l'Orient. | ||
| A ces conséquences économiques et sociales, il faut ajouter des conséquences politiques. | ||
| Au lieu de tourner leurs forces contre des seigneurs voisins, les croisés s'étaient unis contre un ennemi commun. | ||
| Les nobles avaient cessé de se quereller et de se jalouser. | ||
| Beaucoup d'entre eux moururent à la Croisade, la féodalité s'en trouva affaiblie et l'autorité du roi grandit. | ||
| La Royauté | ||
| I. | Les grands rois capétiens | |
| En 987, Hugues Capet avait été élu roi par les évêques et les nobles. | ||
| La puissance du roi était réduite, et ses ressources limitées à celles de son domaine : l'Île-de-France. | ||
| Mais les Capétiens, forts de l'autorité morale que leur conférait le sacre - roi " par la grâce de Dieu" - ne cessèrent d'étendre leur royaume. | ||
| Ils associèrent leur fils aîné au trône, en le faisant sacrer de leur vivant. | ||
| Ainsi la royauté devint héréditaire. | ||
| Trois rois contribuèrent à la Royauté un prestige incontesté : Philippe Auguste, Louis IX et Philippe le Bel. | ||
| 1. | Philippe Auguste (1180-1223) | |
| Philippe Auguste (1180-1223) réussit à ôter aux rois d'Angleterre les fiefs qu'ils possédaient en France. | ||
| Il sut habilement mener la lutte contre Richard Coeur de Lion, puis contre Jean sans Terre, et s'empara de la Normandie, de l'Anjou, | ||
| de la Touraine, de la Bretagne. | ||
| La victoire de Bouvines (1214), remportée sur le roi d'Angleterre, le comte de Flandre et l'empereur d'Allemagne coalisés, | ||
| eut l'allure d'une victoire nationale. | ||
| Qui pourrait décrire sur le parchemin les hymnes de victoire, les danses innombrables, les chants des clercs, | ||
| le carillon des cloches sous les coqs d'or, la parure des sanctuaires, les blanches tentures des demeures... | ||
| la jonchée des routes et des rues où se répandaient les fleurs brillantes et les vertes ramures... | ||
| Guillaume le Breton | ||
| Il sut prendre le parti des faibles contre les barons puissants, et se fit le protecteur des villes, leur accordant des privilèges, | ||
| associant les bourgeois au gouvernement. | ||
| Par toutes ces mesures il affermit son autorité. | ||
| Résidant souvent à Paris, il eut à coeur de lui donner un air de capitale. | ||
| 2. | Louis IX - Saint Louis (1235 -1270) | |
| La figure de Louis IX (futur saint Louis, 1235-1270), petit-fils de Philippe Auguste, nous est bien connue grâce au chroniqueur Joinville. | ||
| Chrétien fervent, il mit sa vie au service de sa foi. | ||
| Sa piété et sa charité sont demeurés célèbres. | ||
| La justice fut son grand souci. | ||
| Il rendait lui-même les sentences, arbitrait les cas difficiles. | ||
| Par la forme familière qu'il sut donner donner aux procès, Louis IX resta par excellence le roi justicier. | ||
| Son ordonnance de 1254 va dans le même sens : il y précise les devoirs de ses fonctionnaires, exige que la justice soit la même pour tous. | ||
| Il créa le droit d'appel au tribunal du roi, ou Parlement. | ||
| Sa haine de la guerre l'aména à préférer l'arbitrage et les règlements pacifiques de préférence à tout autre. | ||
| Seules les expéditions contre les Infidèles avaient grâce à ses yeux.; c'est pourquoi il se croisa deux fois (dans les engagements armés, | ||
| il se fit d'ailleurs remarquer par son sang-froid et sa bravoure). | ||
| Il mit fin, dans son royaume, au duel judiciaire, cette ancienne coutume germanique en vertu de laquelle les deux plaignants se battaient en duel : | ||
| le jugement de Dieu devait désigner le coupable dans le vaincu. | ||
| Il signa, en 1259, avec l'Angleterre le traité de Paris, pour faire cesser le conflit avec les Plantagenêts. | ||
| Louis IX rendait à l'Angleterre le Limousin et le Périgord, mais Henri III se considérait le vassal du roi de France pour la Guyenne, | ||
| et il renonçait aux possessions de Normandie, d'Anjou, de Touraine et du Poitou. | ||
| Le prestige de Louis IX donna à la royauté française une puissance qu'elle n'avait jamais eue. | ||
|
3.
|
Philippe le Bel (1285-1314) | |
| Les moyens utilisés par Philippe le Bel (1285-1314) pour accroître l'autorité royale furent tout différents. | ||
| Conseillé par des légistes instruits en droit romain, il brisa sans scrupules toute résistance à son pouvoir. | ||
| Il entra en conflit avec le pape Boniface VIII et réussit à faire nommer un pape français qui vint résider à Avignon. | ||
| Pour faire face à ses besoins d'argent, il développa les impôts, les emprunts forcés, et n'hésita pas à confisquer les biens des Templiers (1307). | ||
| Cet ordre fut institué par le pape en 1128. | ||
| Les Templiers, véritables moines-soldats, devaient à l'origine, protéger les pèlerins qui partaient pour la Terre Sainte. | ||
| Soumis à des règles très sévères, dictées par Bernard de Clairvaux (le futur saint Bernard), ils inspirèrent rapidement une grande terreur aux musulmans. | ||
| Mais ils s'enrichirent par les dons des princes et des nobles. | ||
| Leur rôle militaire devenant moins important après les croisades, ils transformèrent leurs forteresses en véritables banques et devinrent banquiers des rois. | ||
| Philippe le Bel mourut impopulaire, mais l'autorité des Capétiens était solidement affermie. | ||
| La fin du Moyen Age | ||
| Age de plomb, temp pervers, ciel d'airain, | ||
| Terre sans fruit, et stérile, et brehaigne, | ||
| Peuple maudit, de toute douleur plein... | ||
| Hui est le temps de tribulation. | ||
| Ces vers du poète Eustache Deschamps (1346-1407) peuvent s'appliquer à la fin du Moyen Age (XIVe siècle et première moitié du XVe siècle), | ||
| période de guerres, de désastres et de famines, en proie à la hantise de la mort. | ||
| 1. | Les Valois et la guerre de Cent Ans | |
| Avec le dernier fils de Philippe le Bel, s'éteint en 1328 la dynastie des Capétiens. | ||
| La couronne revient à Philippe de Valois (il prit le nom de Philippe VI), mais le roi d'Angleterre Édouard III - fils de la fille de Philippe le Bel | ||
| - se pose en prétendant au trône de France. | ||
| De cette question de succession va naître la guerre de Cent Ans, qui n'est que la reprise violente du vieux conflit entre Capétiens et Plantagenêts. | ||
| La lutte commença en 1337. | ||
| Mais l'armée française, montée à cheval et alourdie par le poids d'antiques armures, comme à l'époque des combats singuliers, ne sut s'adapter aux | ||
| nouvelles méthodes des Anglais. | ||
| Ceux-ci, habitués à combattre à pied contre les Gallois et les Écossais sont passés maîtres dans le maniement de l'arc et utilisent les premières bombardes | ||
| dont le bruit effraie les chevaux. | ||
| Les Français sont vaincus à Crécy. | ||
| Au soir de la bataille, après la charge imprudente de ses chevaliers, le roi se retrouva seul, avec seulement cinq barons. | ||
| Les Anglais mettent le siège devant Calais, qui capitule après onze mois de siège; l'héroïsme des six bourgeois de Calais venus s'offrir en otages, | ||
| pour que la ville fût épargnée, a été conté par Froissart. | ||
| Poitiers (1356) fut une nouvelle défaite française, où le roi Jean le Bon fut fait prisonnier. | ||
| Le traité de Brétigny (1360) apporta une trêve : toute la France de l'Ouest était aux mains des Anglais. | ||
| A la guerre contre les Anglais s'ajouta la menace d'une guerre civile (tentative d'Étienne Marcel). | ||
| D'autre part, une foudroyante épidémie de peste décima, de 1347 à 1349, le tiers de la population. | ||
| Il en résulta un manque de main-d'oeuvre, un appauvrissement des terres, la multiplication des pillards, des bandits, des hors-la-loi : | ||
| les paysans (appelés les Jacques par les nobles) se révoltent, pillent les châteaux, massacrent les habitants - c'est la Jacquerie. | ||
| Les mercenaires, libérés depuis la bataille de Poitiers, se groupèrent en Grandes Compagnies, qui se livrèrent au brigandage. | ||
| L'insécurité régnait dans les campagnes, comme dans les villes. | ||
| Il faudra à Charles V l'aide d'un simple gentilhomme breton, vaillant homme de guerre, Bertrand Du Guesclin, pour éliminer les Grandes Compagnies | ||
| et pour reprendre aux Anglais les terres qu'ils avaient conquises. | ||
| Quand Du Guesclin mourut, en 1380, le roi le fit enterrer à Saint-Denis, sépulture des rois de France; les poètes le chantèrent, | ||
| et sa bravoure chevaleresque entra dans la légende. | ||
| Telle est la première phase de la guerre de Cent Ans. | ||
| La France en sortait victorieuse, mais épuisée. | ||
|
2.
|
Jeanne d'Arc et la fin de la guerre de Cent Ans | |
| Profitant de l'appauvrissement du royaume, de la folie du roi Charles VI, et des rivalités entre Armagnacs et Bourguignons, | ||
| les Anglais envahissent la France et conquièrent tous les pays au nord de la Loire. | ||
| La bataille d'Azincourt (1415) et le traité de Troyes (1420) sont un désastre pour la France : | ||
| la reine Isabeau de Bavière reconnaissait le roi d'Angleterre comme l'héritier du trône de France. | ||
| A la mort de Charles VI, son fils prit pourtant le nom de Charles VII (1422), mais son autorité était faible. | ||
| Il fallut l'énergie d'une bergère lorraine de seize ans, Jeanne d'Arc, pour regrouper les courages. | ||
| Persuadée qu'elle était "envoyée de par Dieu", pour "boutter les Anglais hors de France", elle entra dans Orléans, | ||
| dont les Anglais abandonnèrent le siège, puis mena sacrer Charles VII à Reims (17 juillet 1429). | ||
| Dès lors la confiance revint. | ||
| L'armée marcha sur Paris, le premier assaut fut donné le 8 septembre. | ||
| Jeanne d'Arc comptait reprendre le combat le lendemain, mais le roi fit battre l'armée en retraite. | ||
| Quelques mois plus tard, en mai 1430, Jeanne tomba aux mains des Bourguignons, qui la livrèrent aux Anglais. | ||
| On sait le procès qui lui fut intenté : voulant déconsidérer sa mission, les Anglais la firent juger par un tribunal ecclésiastique, | ||
| qui la déclara hérétique, et "envoyée du diable". | ||
| La minute du procès de condamnation montre la force d'âme et la noblesse de cette jeune fille de dix-huit, | ||
| face aux interrogatoires insidieux et torturants des hommes d'Église. | ||
| On la harcela de questions sur ces "voix", qui s'étaient manifestées à elle, depuis qu'elle avait treize ans, et qui lui avait dicté tous ses actes. | ||
| Jeanne d'Arc fut brûlée vive, comme sorcière, sur la place du Vieux Marché, à Rouen, en 1431. | ||
| L'opinion populaire n'attendit pas son procès de réhabilitation (entrepris en 1456) pour lui vouer son admiration. | ||
| Elle est restée, jusqu'à nos jours, la plus célèbre des héroïnes nationales, exaltée par Michelet, chantée par Péguy, Claudel, Anouilh, Honegger. | ||
| Le mouvement d'enthousiasme qu'avait su créer cette jeune bergère alla en grandissant et, en 1453, | ||
| les Anglais étaient chassés de France (ils ne gardaient que Calais). | ||
| La guerre de Cent Ans prenait fin, faute de combattants. | ||
| Après cette longue lutte, la France offrait l'image de la dévastation. | ||
| 3. | La fin de la féodalité | |
| Il appartenait à Louis XI (1461-1483) de triompher du duché de Bourgogne, seul grand fief féodal qui pouvait encore porter ombrage au pouvoir royal. | ||
| L'historien Commines a dépeint ce roi retors et cruel : | ||
|
Il avait fait fabriquer, de rigoureuses prisons, comme
cages de fer ou de bois, couvertes de plaques de fer à l'extérieur
et à l'intérieur,
|
||
| avec de terribles ferrures, de quelque huit pieds de large et de la hauteur d'un homme, plus un pied. | ||
| C'est là que Louis XI enfermait ceux qui s'opposaient à son pouvoir. | ||
| Mais il était aussi habile calculateur, politique avisé, et, à la guerre, il préféra les intrigues diplomatiques. | ||
| Commines a su rendre justice aux qualités de celui qu'on appela souvent "le terrible roi". | ||
| A la mort de Louis XI, la féodalité était vaincue, au profit du roi. | ||
| L'unité de la France était faite. | ||
| |
||