Francia nyelv és irodalom
  Horváth-Militicsi Attila honoldala
  A középkor és 16. század francia irodalma
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Cortebarbe : les Trois Aveugles de Compiègne (extrait)
Trois aveugles s'en allaient de Compiègne à Senlis.
Ils rencontrent un clerc, et lui demandent l'aumône.
Étonné de les voir ainsi marcher sans guide, et doutant de leur infirmité, le clerc veut en avoir le coeur net.
Il leur donne un besant pour les trois.
Chacun croit que l'autre l'a reçu.
Tout joyeux, les aveugles retournent à Compiègne avec l'intention de festoyer.
 
  Vers Compiègne ils sont retournés Telles gens ont plein de deniers
  Ainsi comme ils sont équipés; De les servir, il s'est hâté;
  Ils étaient heureux et très gais. Dans la salle haute, les mène :
  Quant au clerc, de loin il suivait, - Seigneurs, dit-il, une semaine,
  Il se disait qu'il les suivrait Vous pourriez ici séjourner;
  Jusqu'au moment où il saurait Tous les bons morceaux de la ville,
  La fin. Dans la ville, ils entrèrent, Vous les aurez, si vous voulez.
  Prêtèrent l'ouïe, et entendirent - Sire, font-ils, dépêchez-vous,
  Qu'on criait autour du Château : Et donnez-nous tout ce qu'il faut.
  - Ici bon vin frais et nouveau, - Laissez-moi faire, mes seigneurs,
  Vin d'Auxerre, vin de Soissons, Dit le bourgeois et il s'en va.
  Pain et viande, vin et poissons ! Sur cinq grands plats, il leur prépare
  Ici, dépensez votre argent, Pain, viande, pâtés et chapons
  Ici, hôtel pour toutes gens; et vins, pourvu qu'ils fussent bons;
  C'est ici qu'il fait bon loger. Puis les leur fait là-haut porter,
  Ils y vont, sans hésitation, Et fit au feu charbon jeter :
  Et ils entrent dans la maison; Se sont assis à haute table.
  A l'hôtelier, ils s'adressèrent : Le valet du clerc, à l'étable
  - Occupez-vous de nous, font-ils, Conduit les chevaux. Gîte est pris.
  Et ne nous tenez pas pour vils, Le clerc de bonne éducation,
  Si nous avons pauvres habits. Bien vêtu et très élégant,
  Vous nous servirez en privés. Avec l'hôte, en place d'honneur,
  Nous vous paierons mieux qu'élégants, Prit le matin son déjeuner,
  (Ont-ils dit, et lui, se sent aise) Et le soir aussi, son souper.
  Car nous voulons faire une festin. Les aveugles à leur étage,
  L'hôte pense qu'ils disent vrais : Servis comme des chevaliers,
     
  Menaient chacun grand bruit, grand train - Très volontiers, leur répond l'hôte
  L'un à l'autre versait le vin : - L'un deux dit : - Eh bien, donne-le !
  - Tiens, je t'en donne; après, m'en donne ! Lequel l'a ? - Ah, je ne l'ai pas !
  Il a poussé sur vigne bonne ! C'est donc Robert Barbe-Fleurie ?
  Et ne croyez pas qu'ils s'ennuient. - Pas moi, mais vous l'avez, je sais.
  C'est ainsi que jusqu'à minuit, - Corbleu, moi non plus, je ne l'ai !
  Ils s'égayèrent sans souci. - Lequel l'a donc ? - Tu l'as ? - L'as-tu ?
  Les lits sont faits, ils vont dormir - Payez, ou vous serez battus,
  Jusqu'au lendemain, de bonne heure; Dit l'hôtelier, seigneurs truands,
  Et le clerc, lui aussi, demeure Et mis dans un recoin puant,
  Pour savoir quelle sera la fin. Avant que vous partiez d'ici.
  L'hôte se leva au matin, Ils lui crient : Ah ! Par Dieu, pitié.
  Et son valet. Tous deux comptèrent Sire, nous vous paierons très bien.
  Combien coûtaient viande et poisson. Et ils reprennent leur querelle :
  Le valet dit : "En vérité, - Robert, dit l'un, donnez-lui donc
  Le pain, le vin et le pâté Le besant; vous marchez devant :
  Ont bien coûté plus de dix sous; Vous le reçûtes, étant premier.
  Tant ils en ont pris, à eux tous. - Mais vous qui venez par derrière,
  Le clerc, lui, en a pour cinq sous. Donnez-le, car je ne l'ai point.
  - De lui, je n'attends pas d'ennui. - Je suis ici venu à point,
  Va là-haut et fais-moi payer. Dit l'hôte, car on rit de moi.
  Et le valet sans plus tarder A l'un il envoie un soufflet
  Vint aux aveugles et leur dit Puis fait apporter deux gourdins.
  Que chacun, vite se vêtit, Le clerc qui s'était habillé
  Son maître veut être payé. Trouvait l'affaire fort plaisante.
  - Pourquoi, font-ils, vous inquiéter, Plein d'aise, il se pâmait de rire.
  Puisque très bien nous le paierons; Mais quand il vit le dénouement,
  Savez-vous ce que nous devons ? Il vint à l'hôte promptement,
  - Oui, dit-il, vous devez dix sous. Lui demande ce qu'il avait,
  - Cela les vaut. Chacun se lève; Ce qu'à ces gens il réclamait.
  Tous trois sont en bas descendus. L'hôte dit : "Du mien, ils ont eu
  Le clerc avait tout entendu, Dix sous qu'ils ont mangé et bu.
  En se chaussant, devant son lit. Ils ne font que rire de moi;
  Les trois aveugles à l'hôte ont dit : Mais du bâton, vais leur donner :
  - Sire, nous avons un besant. de son corps chacun aura honte."
  Je crois qu'il est fort bien pesant; - Mettez donc cela sur mon compte,
  Rendez-nous en donc le surplus, Dit le clerc, quinze sous pour moi !
  Sans attendre que devions plus.  
   
  Et les aveugles s'en vont quittes, mais le clerc, qui vient ainsi de faire le généreux, aura recours à une autre farce, afin de quitter la ville
  sans avoir versé un sou à l'hôtelier.
   

OLDAL ELEJE