Francia nyelv és irodalom
  Horváth-Militicsi Attila honoldala
  A középkor és 16. század francia irodalma
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  Jaufré Rudel : Amour lointain
   
  Cette chanson est l'oeuvre d'un troubadour du XIIe siècle, Jaufré Rudel, qui participa, semble-t-il à la deuxième croisade* (1147-1149).
Elle nous charme par une évocation délicate du printemps et surtout par l'amour pur, fervent et presque mystique qui l'inspire.
Quand les jours sont longs, en mai, j'aime le doux chant des oiseaux lointain;
et quand mon esprit s'éloigne de là, il me souvient d'un amour lointain;
je vais plein de désir, inquiet et songeur, si bien que ni chant ni fleur d'aubépine ne me plaisent plus que l'hiver gelé.
Certes, je tiens pour vrai le seigneur par qui je verrai l'amour lointain;
mais pour un bien qui m'en échoit j'éprouve deux maux, car il m'est trop lointain.
Ah ! que ne suis-je pèlerin, là-bas !
Puissent mon bâton et mon habit être contemplés par ses beaux yeux !
Quelle joie quand je lui demanderai, pour l'amour de Dieu, le gîte lointain;
et s'il lui plaît, je serai son hôte, près d'elle, moi qui suis si lointain.
Alors, ce sera l'aimable entretien, quand l'amant lointain
sera si voisin qu'il jouira des beaux et charmants propos !
Triste et joyeux je repartirai si je le vois un jour, l'amour lointain.
Mais je ne sais quand je le verrai, car nos pays sont trop lointains :
il y a trop de chemins et de passages, et pour cela je ne suis pas devin.
Mais que tout soit comme il plaît à Dieu !
Jamais d'amour je ne jouirai si je ne jouis de cet amour lointain,
car de femme plus noble et meilleure, je n'en connais en nul endroit, ni proche, ni lointain.
Si pur, si parfait est son mérite que là-bas, au pays des Sarrasins,
je voudrais pour elle, être appelé captif.
Que Dieu qui créa tout ce qui va et qui vient, et forma cetr amour lointain,
me donne le pouvoir - car j'en ai le vouloir - de voir cet amour lointain,
véritablement, si favorablement que la chambre et le jardin
me semblent toujours un palais !
Il dit vrai, celui qui m'appelle avide et désireux d'amour lointain,
car nulle autre joie ne me plaît autant que la possession de cet amour lointain.
Mais ce que je veux m'est refusé, car ainsi m'a voué mon parrain
que j'aime sans être aimé.
Mais ce que je veux m'est refusé.
Qu'il soit maudit, le parrain
qui m'a voué à ne pas être aimé !

OLDAL ELEJE